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H1N1 et allaitement

Friday, November 27th, 2009

Nous nous demandons toutes comment protéger nos enfants du virus de la grippe H1N1. Ce sera dit: l’allaitement maternel protège les nourrissons du H1N1.

Comme le rappelle le pédiatre Marc Pilliot, “le lait maternel contient une multitude d’agents anti-infectieux et de nombreuses cellules qui lui confèrent un rôle antimicrobien et antiviral très efficace; il module l’immunité de l’enfant en fonction de son environnement; il diminue très nettement la vulnérabilité des enfants aux infections et réduit d’environ 70% les hospitalisations pour troubles respiratoires (Bachrach et al. 2003)”. Pour vous aider à prendre une décision éclairée et pour vous donner des indications pour protéger vos poupons (qui en dessous de six mois sont trop jeunes pour se faire vacciner), voici les lignes directrices publiées par un organisme de santé extrêmement réputé, la CoFAM (la Coordination française pour l’allaitement maternel).

Communiqué de la CoFAM sur la grippe A(H1N1) 2009

A propos de la grippe A(H1N1), de nombreux communiqués ont déjà été publiés. Toutefois, la Coordination Française pour l’Allaitement Maternel (CoFAM) souhaite souligner plusieurs points :

1. Dans les circonstances actuelles, il persiste encore de nombreuses incertitudes sur l’évolution de la pandémie et sur l’efficacité des vaccins. Il s’agit donc de se préparer avec « modération », sans affolement, ni psychose.

2. La clinique de la grippe A(H1N1) est similaire à celle de la grippe saisonnière : début brutal avec fièvre supérieure à 38°, courbatures, fatigue associées à des signes respiratoires (toux ou gêne respiratoire). Chez le jeune enfant, on peut observer des troubles digestifs et, parfois, un mauvais état général. Un malade atteint de la grippe A(H1N1) n’est pas un « pestiféré » : pour le moment, cette grippe ne semble pas plus dangereuse que les grippes saisonnières

3. Toutefois sa très forte contagiosité peut créer des difficultés : d’une part, plus les malades sont nombreux et plus les sujets fragiles risquent d’être atteints par le virus et, d’autre part, un très grand nombre de malades dans le même temps peut désorganiser les familles et la société, pouvant créer ainsi des difficultés économiques supplémentaires. Par ailleurs, le malade étant contagieux déjà un jour ou deux avant le début des symptômes, cela complique les mesures de prévention.

4. Comme pour les grippes saisonnières, les risques de la grippe A sont la décompensation d’une maladie sévère déjà existante, la surinfection bactérienne (qui nécessitera des antibiotiques) et l’infection pulmonaire directe par le virus. Celle-ci est rare, mais serait plus grave avec le virus A(H1N1) qu’avec les virus des grippes saisonnières.

5. Enfin, parmi les sujets à risques, les femmes enceintes et les jeunes nourrissons sont plus exposés aux surinfections et aux complications graves.

6. Devant cet état de faits, les réponses médicales sont nécessaires, mais il est tout aussi indispensable que chacun fasse preuve de solidarité et de « souci de l’autre » pour éviter les dérives. Cela veut dire qu’il faut commencer par se poser les questions : « Qui est vulnérable dans mon entourage ? Qui aura besoin de soutien en cas de forte épidémie ? » Cela signifie aussi qu’il faut éviter autant que possible les contacts inutiles avec les sujets fragiles : se dire bonjour sans se serrer la main et sans embrassades, limiter les visites en maternité (seulement la famille proche, non malade), rester prudent dans les contacts avec les familles où il y a une femme enceinte ou un jeune nourrisson, garder la mère et son nourrisson en grande proximité et encourager le peau contre peau fréquent, éviter de partager les jouets et autres objets ayant un contact avec le bébé, protéger son entourage quand on tousse (mouchoirs, lavage des mains, voire masques).

7. Dans ce contexte de pandémie, il y a lieu de rappeler l’effet très protecteur de l’allaitement maternel : le lait de mère est antimicrobien et antiviral ; il permet de moduler l’immunité de l’enfant ; il diminue très nettement la vulnérabilité des enfants aux infections ainsi que les hospitalisations pour troubles respiratoires. Les bénéfices sont optimaux lorsque l’allaitement est exclusif jusqu’à six mois, mais l’allaitement partiel (c’est-à-dire en association avec d’autres liquides) peut apporter un certain degré de protection. Les professionnels de santé doivent donc encourager les mères à allaiter et les aider à poursuivre sereinement leur allaitement. En cas de difficultés, puisque les professionnels ont peu ou pas de formation initiale sur la lactation, il ne faut pas hésiter à solliciter l’avis d’un(e) consultant(e) en lactation et/ou l’aide d’une association locale de soutien. Dans le même esprit, les entreprises devraient faciliter le maintien de l’allaitement maternel pour leurs employées reprenant le travail après le congé de maternité.

8. Si la mère est malade, il est fortement recommandé qu’elle continue d’allaiter son bébé en augmentant la fréquence des tétées